Améthyste violette, pierre de tempérance et de clarté, bijoux MUDRA

L'Améthyste : le violet qui protégeait du vin

Temps de lecture : 6 minutes

De toutes les pierres que l'on m'envoie depuis Jaipur, l'améthyste est celle que l'on croit connaître. Elle est partout, dans les géodes des boutiques de minéraux, dans les bagues de grand-mère, dans les bols de pierres roulées à l'entrée des librairies ésotériques. On la regarde à peine.

C'est dommage, parce que peu de gemmes portent une histoire aussi longue. Les pharaons la faisaient tailler, les soldats grecs l'incrustaient sur leurs boucliers, les évêques la portent encore aujourd'hui à l'annulaire droit. Et sa couleur, ce violet que l'on trouve si évident, est le résultat d'un accident géologique assez extraordinaire.

Voici ce que j'aimerais que vous sachiez avant de choisir la vôtre.

Un quartz coloré par la radioactivité

Géode d'améthyste aux cristaux violets, quartz coloré par le fer et l'irradiation naturelle

L'améthyste est une variété de quartz, cristallisée dans le système trigonal, avec une dureté de 7 sur l'échelle de Mohs. Cela veut dire qu'elle supporte très bien le port quotidien, tout en restant sensible aux chocs sur les arêtes.

Sa couleur vient d'une combinaison rare. Il faut d'abord que du fer se soit glissé dans le réseau cristallin du quartz pendant sa formation. Il faut ensuite que la roche environnante, naturellement radioactive, ait irradié ce cristal pendant des millions d'années. C'est cette irradiation qui déplace les électrons du fer et fait apparaître le violet.

Autrement dit, votre améthyste a été colorée par le rayonnement de la terre qui l'entourait. La légende de Dionysos est charmante, mais la géologie l'est encore davantage.

La teinte dépend de la quantité de fer et de la dose reçue, ce qui explique l'étendue de la palette, du lilas presque blanc au violet profond tirant sur le rouge. Les cristaux présentent souvent un zonage de couleur, avec des zones plus intenses vers la pointe. Certaines améthystes sont limpides, d'autres laiteuses, d'autres encore traversées de voiles et de fantômes.

Les plus beaux gisements se trouvent en Uruguay, où les géodes atteignent des tailles spectaculaires, ainsi qu'au Brésil, en Zambie, à Madagascar et en Bolivie. La Zambie donne des violets froids, légèrement bleutés, que j'aime particulièrement.

Deux mille ans de tempérance

Le nom vient du grec amethystos, que l'on traduit par « qui ne s'enivre pas ». Les Grecs taillaient des coupes dans la pierre et croyaient pouvoir boire sans perdre la tête.

Bacchus du Caravage, dieu du vin lié au mythe de l'améthyste

Voici un détail que j'adore et que la plupart des articles omettent : le fameux mythe de Dionysos, cette jeune fille changée en quartz par Artémis et teintée de vin par le dieu repentant, n'a rien d'antique. Il a été inventé en 1576 par un poète français de la Pléiade, Rémy Belleau, dans un recueil sur les pierres précieuses. Une légende de la Renaissance déguisée en mythe grec, qui a si bien pris qu'on la répète encore quatre siècles plus tard.

Le reste de son histoire, en revanche, est solidement documenté.

Dans l'Égypte ancienne, on la sculptait en amulettes pour éloigner la culpabilité et les maléfices. En Europe, les soldats l'incrustaient sur leurs boucliers. Au Moyen Âge, on lui prêtait le pouvoir de neutraliser les poisons, ce qui en faisait un cadeau apprécié dans les cours où l'espérance de vie dépendait beaucoup du cuisinier.

Bague d'évêque sertie d'une améthyste violette, anneau pastoral

Puis vint l'Église. Le violet étant la couleur de la pénitence, l'améthyste devint la pierre des évêques, portée à l'anneau pastoral, et la tradition perdure. Chez les catholiques, elle évoque aussi la Passion, ses teintes rouges rappelant les plaies du Christ. C'est pour cette raison que je la retrouve si souvent dans les chapelets anciens que je collectionne, et que je l'utilise dans ceux de ma collection Oh My God.

On lui attribue aussi un admirateur célèbre, Léonard de Vinci, qui aurait écrit qu'elle dissipait les mauvaises pensées et aiguisait l'intelligence. La citation circule partout sans que personne ne parvienne à en retrouver la source, alors prenons-la pour ce qu'elle est, une jolie légende de plus.

Jusqu'au XIXe siècle, l'améthyste valait aussi cher que le rubis ou l'émeraude. La découverte des immenses gisements brésiliens a fait chuter son prix en quelques décennies. Sa rareté a disparu, sa symbolique est restée intacte.

Ce que la tradition lui prête

Carte astrologique ancienne, améthyste pierre de février liée à Saturne

Dans les traditions symboliques, l'améthyste est la pierre de la tempérance et de la clarté d'esprit. On lui associe le calme, le recul, la capacité à traverser une période agitée en gardant la tête froide. C'est le même fil qui court depuis les coupes grecques jusqu'aux anneaux d'évêque, cette idée d'une pierre qui tempère les excès.

En lithothérapie contemporaine, elle est reliée au chakra couronne et au troisième œil, et se retrouve dans à peu près toutes les salles de méditation du monde. Elle accompagne traditionnellement la prière, l'introspection et le sommeil. Vous en trouverez d'autres dans mon guide des pierres naturelles.

C'est également la pierre de naissance du mois de février, associée aux Verseau et aux Poissons. En astrologie védique, on la relie à Saturne, planète du temps, de la structure et de la maturité, ce qui rejoint assez joliment son histoire de tempérance. J'ai consacré un article entier aux liens entre planètes et pierres si le sujet vous intéresse.

Ces indications relèvent de traditions symboliques et d'usages culturels. Elles ne constituent pas un avis médical.

Améthyste, citrine, prasiolite : une seule pierre, trois couleurs

Voici le point qui surprend le plus mes clientes.

Chauffez une améthyste autour de 470 °C et son violet vire au jaune doré. Vous obtenez de la citrine. La très grande majorité de la citrine vendue dans le monde est en réalité de l'améthyste chauffée, la citrine naturelle étant rarissime.

Poussez le chauffage un peu différemment, sur certaines améthystes brésiliennes précises, et vous obtenez un vert tendre. C'est la prasiolite, que l'on appelle parfois quartz vert.

Il existe même une pierre où la nature a fait le travail elle-même. En Bolivie, la mine Anahí produit de l'amétrine, un cristal où le violet et le jaune cohabitent dans la même pierre, séparés par une frontière nette. Une améthyste et une citrine dans un seul cristal, formées par une différence de température entre deux zones du gisement.

Le chauffage est une pratique ancienne, courante et parfaitement acceptée en gemmologie, du moment qu'elle est annoncée. Ce que je vous demande de retenir, c'est simplement qu'une citrine très orange et très uniforme mérite qu'on lui pose la question de son passé violet.

Prendre soin de son améthyste

L'améthyste a une particularité qu'il faut connaître : elle pâlit au soleil. Les mêmes rayonnements qui ont créé sa couleur peuvent la faire reculer, et une exposition prolongée en vitrine ou sur un rebord de fenêtre finit par ternir un beau violet.

Trois habitudes suffisent à la garder intacte :

  • Rangez vos bijoux à l'abri de la lumière directe entre deux ports, dans la pochette en brocade fournie avec chaque pièce.
  • Évitez le contact prolongé avec l'eau, les parfums et les cosmétiques, qui attaquent surtout les fils, les cordons et les finitions dorées.
  • Nettoyez avec un chiffon doux et sec, sans bain à ultrasons ni vapeur.

Portée avec ces quelques précautions, une améthyste traversera facilement plusieurs générations.

L'améthyste dans mes créations

J'aime l'améthyste pour sa capacité à s'entendre avec presque tout. Elle tempère les pierres solaires, elle approfondit les verts, elle donne du corps aux palettes pastel.

Dans mes chapelets Ave Maria et Notre-Dame d'Aparecida, elle joue son rôle historique, celui de la pierre d'Église, aux côtés des médailles dorées.

Sur les talismans de la collection Pixiu Céleste, elle sert de contrepoint aux jades teintés. Elle se glisse en papillons sculptés sous le jade rouge de Chì, et accompagne le jade violet et le santal noir de .

Dans les colliers Shivapuri comme Devisha ou Harivya, elle apparaît en breloques suspendues, par touches, au milieu des fluorites et des quartz.

Et sur le bracelet Zarvika, elle vient tempérer l'éclat solaire du quartz lemon, exactement comme les Grecs l'attendaient de leurs coupes.

Questions fréquentes

L'améthyste est-elle une pierre rare ?

Non, plus aujourd'hui. Elle valait aussi cher que le rubis jusqu'au XIXe siècle, avant la découverte des gisements brésiliens. Les spécimens de très belle couleur, profonds et uniformes, gardent en revanche une vraie valeur.

Pourquoi mon améthyste a-t-elle pâli ?

Presque toujours à cause du soleil. Les ultraviolets font reculer la couleur, qui est elle-même née d'une irradiation naturelle. Rangez-la à l'ombre entre deux ports.

Comment reconnaître une améthyste naturelle d'une améthyste de synthèse ?

À l'œil nu, c'est difficile, la synthèse hydrothermale donne des cristaux chimiquement identiques. Deux indices restent utiles : les pierres naturelles présentent souvent un zonage de couleur irrégulier et de fines inclusions, là où la synthèse offre une teinte parfaitement homogène pour un prix très bas.

La citrine est-elle vraiment de l'améthyste chauffée ?

Dans la grande majorité des cas, oui. La citrine naturelle existe mais reste rare, et ses teintes sont plus pâles, plus jaunes que les oranges soutenus que l'on croise habituellement.

Quelle est la pierre de naissance de février ?

L'améthyste, associée aux signes du Verseau et des Poissons.

Peut-on porter l'améthyste tous les jours ?

Oui. Avec une dureté de 7, elle supporte très bien un port quotidien. Il suffit de la protéger de la lumière directe lorsqu'elle est rangée.


 

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