Pendant des années, je me suis rendue à la chapelle de la rue du Bac pour y dénicher des médailles miraculeuses. À l'époque, je customisais des gilets de costume pour homme avec des épingles à nourrice sur lesquelles j'enfilais ces médailles. J'avais aperçu ce détail lors d'un défilé de Jean Paul Gaultier. Le contraste entre le vestiaire masculin, l'esprit punk de l'épingle et la douceur mystique de la médaille m'avait immédiatement fascinée.
À chaque visite rue du Bac, je voyais des personnes repartir avec une médaille serrée dans la main. Certaines priaient, d'autres pleuraient doucement. Je les regardais avec un double regard : celui d'une créatrice intriguée par la présence presque magnétique de ce petit objet, et celui d'une femme touchée par cette foi si simple.
La médaille elle-même reste modeste : petite, légère, parfois en simple aluminium ou en métal émaillé. Pourtant, il suffit de passer quelques instants dans cette chapelle pour comprendre qu'elle porte une force étonnante. Elle concentre des prières, des espérances, des souvenirs et une confiance silencieuse qui traversent les générations.

Je me suis souvent demandé, assise sur ces bancs, comment un si petit objet religieux avait pu devenir l'un des symboles de dévotion les plus portés au monde, depuis bientôt deux siècles. Voici ce que j'en ai appris.
Une nuit de 1830
Tout commence au cœur de Paris. Le 27 novembre 1830, dans la chapelle des Filles de la Charité, au 140 rue du Bac, une jeune novice nommée Catherine Labouré affirme avoir reçu une apparition de la Vierge Marie.
Ô Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous.
Marie demande alors que soit frappée une médaille reproduisant cette vision et promet de nombreuses grâces à celles et ceux qui la porteront avec confiance.

Quand le choléra bouleverse Paris
Le nom qu'on lui connaît aujourd'hui n'arrive pas tout de suite : officiellement, on parle alors de la Médaille de l'Immaculée Conception.
Deux ans plus tard, en 1832, une violente épidémie de choléra frappe Paris et emporte plus de vingt mille personnes. Les Filles de la Charité commencent alors à distribuer les premières médailles.
Très vite, les témoignages de protections et de guérisons attribuées à son intercession se multiplient. Les croyants y voient un signe d'espérance. Les Parisiens lui donnent spontanément le nom qui l'accompagne encore aujourd'hui : la Médaille Miraculeuse.
Le saviez-vous ?
La Médaille Miraculeuse est aujourd'hui portée bien au-delà du monde catholique. Beaucoup la choisissent comme symbole d'espérance, de protection ou simplement parce qu'elle accompagne leur histoire familiale.
Une symbolique gravée dans le métal
Chaque fois que j'en tiens une entre les doigts pour composer un bijou, je regarde d'abord l'avers, puis le revers, comme pour vérifier que rien n'a changé depuis 1830.

L'avers
La Vierge écrase un serpent sous son pied, image de la victoire sur le mal.
Les rayons représentent les grâces accordées.
Le revers
Le M s'entrelace avec la croix.
Les deux cœurs représentent Jésus et Marie.
Les douze étoiles évoquent la femme de l'Apocalypse, les douze tribus d'Israël et les douze apôtres.
Ce que l'on sait moins
Le secret de Catherine Labouré
Pendant quarante-six ans, Catherine Labouré garde le silence. Personne, au sein de sa communauté, ne connaît son rôle dans les apparitions. Ce silence me touche presque autant que la médaille elle-même.
Une diffusion sans précédent
Plus de cent millions de médailles sont frappées en seulement dix ans, faisant de cet objet l'un des symboles religieux les plus diffusés au monde.
Une source d'inspiration intacte
De mes premières expérimentations inspirées par Jean Paul Gaultier jusqu'aux bijoux que je crée aujourd'hui chez Mudra, cette médaille ne m'a jamais quittée.
Ce qui m'émeut, c'est justement sa simplicité. Cette petite médaille traverse les époques sans changer, portée de main en main, de génération en génération.
Lorsque j'intègre une Médaille Miraculeuse dans un collier ou un bracelet, je pense toujours à cette chapelle discrète de la rue du Bac, aux mains qui se refermaient sur une médaille en sortant, aux visages recueillis que j'ai tant observés.
J'aime l'idée qu'un symbole né dans ce lieu continue aujourd'hui son voyage, porté autrement, mais avec la même intensité.
Ce soir, plusieurs nouvelles pièces rejoignent la collection avec, justement, cette médaille en son cœur. Si cet héritage vous touche, vous pouvez découvrir mes créations inspirées de la Médaille Miraculeuse dans la collection de bijoux religieux Mudra.